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Thursday, 13 June 2013

Les professionnels


Vingt kilomètres par temps lourd jusqu’au bourg dans le monospace à la clim cassée, Maurice se gare en sueur et à la bourre sur le parking de son Pole Emploi attitré. C'est moins cher de loyer, mais c'est chiant d'habiter loin.

Aujourd’hui l'ex-cadre commercial de 48 ans, chômeur longue durée, est convoqué à l’atelier "Imaginer de se poser la question de la décision d'entamer une formation pour se former en vue de postuler sur des offres différentes".

Ça va dépoter.

Pas de queue aux guichets. Mais où sont donc les cinq millions de sans-emploi ? Chez eux, songe Maurice puisqu'il est depuis longtemps inutile de bouger pour actualiser sa situation ou postuler.

Il tend sa convocation à la jeune personne en formation d’hôtesse d’accueil. Elle suit les indications d'un agent plus âgé qui la supervise en buvant son café dans un mug Johnny au Parc des Princes 1993, derrière son dos.

 - Désolé pour le retard, j'ai été convoqué par Monsieur Bonnet pour la formation de 13h30 Se confond en excuse Maurice.

- Non. C’est madame Zorg. Votre conseiller a changé rétorque l’hôtesse.

- Ah encore? mais ça fait 4 fois en un an que ça change.

- Je sais mais vous savez c'est parce qu'ici, peu de gens sont titulaires d'un CDI, donc entre les fins de CDD, les démissions et les mutations, ben oui ça fait du mouvement, et comme vous êtes inscrit depuis longtemps...

- Évidemment concède Maurice, balayant d’une aristocratique sagesse toute tentative d’amorce de polémique avec la jeune recrue.

- Bon, je vais bosser. Tu vas t’en sortir estime l’agent au mug Johnny contenant un renvoi tripoux-lentilles.

- Oui fait la jeune au supérieur déjà parti recharger le mug.

En fait non. L’ordinateur fait pouic. Imprévu. Les regards des intervenants se crispent.

- Oulala, mais il est 13h40. Je ne sais pas si vous allez pouvoir rejoindre l'atelier, ils ont déjà commencé, je vais voir...

Elle part, et revient en indiquant à Maurice le couloir:

 -Vous avez de la chance. Ils en sont à l'appel, vous pouvez entrer. 

Verni qu'il est le Maurice. Il s’enfonce dans le couloir à l’éclairage au néon. Sur les murs sont placardées des affiches de gens souriants avec des casques sur la tête et des gros dossiers dans les bras. Ils sont occupés donc heureux. CQFD.

Maurice rentre dans la grande salle. C’était moins une. Au milieu d’une trentaine de sièges vides, 6 personnes sont attablées en U. du jeune, du plus âgé, un gros baraqué qui ressemble à Baleine dans Full Metal Jacket, une fille en sari sortie d'un film de Bollywood, du hipster de sous-préfecture et du bien vêtu à la mode Soyez Select de chez Franprix. Au bout du U, deux conseillères badgées, la cinquantaine, l’une à jupette marron, c'est Madame Zorg, l’autre à gilet damier tricoté en laine, classent et reclassent leurs papiers.

En bon commercial Maurice dit - Bonjour moi c’est Maurice. Un murmure suit. Une des conseillères lui donne un questionnaire, et le cadre lui demande :

- Euh dites, on finit à quelle heure ? Parce moi je dois aller chercher mes gosses à l’école à 16h30. 

- Mon Dieu vous n'aurez jamais le temps de tout faire, on en a pour trois heures plus un entretien individuel d'une heure. Écoutez si vous n'avez pas le choix tant pis, on prendra rendez-vous pour l'entretien un autre jour. 

- Ouh la la non ! convient Maurice.

S'ensuit une longue explication scolaire des deux conseillères sur le but de l'atelier, la procédure que tous vont devoir suivre pour comprendre le travail à faire, qui consiste en gros à mieux faire comprendre à ceux qui n’ont pas de travail qu’ils cherchent un travail mieux. En résumé, déjà que t'as pas de salaire quand tu bosses, mets tes plans de carrière dans la poche.

Le ton monotone et saccadé, avec mention de numéros de paragraphe et d'alinéas, ressemblant à s'y méprendre à la notice de montage du jacuzzi que Maurice a installé la semaine dernière chez des bourges du coin pour se faire un peu de blé, provoque quelques perplexités dans la petite assemblée.

Au bout de cinq minutes, la dame au gilet s'arrête, essoufflée, et regarde désemparée Madame Zorg. A l’issue d’un conciliabule, les deux se tournent vers l’assistance et s'excusent :

- Oups. Désolé en fait cette fiche était pour nous, pour vous aider à comprendre le but de l'atelier. Mais comme c'est nouveau pour nous aussi, et qu'on n’a pas eu le temps de l'apprendre, en fait vous nous servez un peu de cobayes, hi hi.

Personne ne rit.

- Heu bon... On va passer directement au QCM. Remplissez le questionnaire et on fait le point dans trente minutes.

Le QCM comporte dix questions d’une complexité allant de Etes-vous à la recherche d'un emploi depuis longtemps? au subtil Voulez-vous faire une formation ?

Les conseillères ne s’attendaient visiblement pas à une telle vivacité : En 120 secondes tout le monde a coché ses cases.

- Bon ben… alors on va passer à la suite, c'est une exercice rigolo qui va vous paraître bizarre, mais c'est in-dis-pen-sable pour bien comprendre là où on va. Okay ? Lancent-elles d'un ton faussement désinvolte pour tenter de dissimuler qu'elles n'ont pas eu le temps de bachoter leurs fiches en 120 secondes pour la suite.

- OKAY répondent-ils d'un mou collectif.

- Alors si vous devez escalader l'Himalaya, que devez-vous prévoir ?

Tout le monde se regarde.

- Attendez c'est bien l'atelier « Imaginer de se poser la question de la décision d'entamer une formation pour se former en vue de postuler sur des offres différentes » ? demande Maurice.

- Oui, oui ne vous inquiétez pas, vous allez comprendre d'ici un moment où on veut en venir répond la formatrice au gilet.

A son tour, chacun émet des suggestions: de l'achat de piolets et de sacs à dos sur ventes privées, en passant par l’importance de nourrir Diego le chat avant de partir. C'est vrai que c'est rigolo. Et puis c'est long, ça occupe.

15h20. Le tableau blanc est plein de réponses. Les conseillères se décident enfin à passer à l'étape suivante : faire le parallèle avec l'action de se former. L’audience, pas préparée à une telle audace dans l'analogie, accuse le coup. On entend quelques soupirs.

Pas à l'aise et pour gagner du temps, Madame Zorg et la dame au gilet énumèrent directement la liste des choses à faire pour choisir et entamer une formation.

Un séditieux hausse le ton.

- On aurait pu gagner du temps en commençant par là, non ?

- Oui mais c'est pour bien que vous compreniez, parce que les gens ne comprennent pas tout vous savez...

- Ah.

- Bon alors maintenant on va faire un tour de table pour savoir ce que vous voulez faire. On commence par vous monsieur.

- Euh ben moi ça m'est un peu égal, depuis toujours je prends le moins pire. Faites-moi une liste des formations et puis je choisirai répond la quadra à veste militaire, qui a déjà de l’expérience dans l’expérience de se faire une expérience, et qui aimerait désormais faire l’expérience d’être payé à un salaire décent.

- Vous n'avez pas une idée précise ?

- Non, à la limite cariste dans un supermarché, j'aime bien les supermarchés, c'est cool. 

- Ah ben voilà une formation de cariste donc, ça c'est au moins c'est précis. 

Madame Zorg irradie, l'atelier commence à porter ses fruits.

- Ouais parce que j'ai déjà fait ça et je connais bien.

- Comment ça vous l'avez déjà fait?

- Ben je suis cariste.

- Mais alors vous n'avez pas besoin de vous former dans ce domaine, je ne comprends pas là.
- Non mais comme je vous l'ai dit je choisis le moins pire. Cariste c'est cool.

- Mais si vous êtes cariste Monsieur, pas la peine de suivre une formation de cariste, vous comprenez ?

- Oui mais comme ça au moins je connais, j'ai mes chances.

- Euh on va vous voir après en individuel, okay on va voir. Au tour de madame ?

La jeune femme en sari s'excuse dans un français difficile, elle ne sait pas trop, elle parle peu, n’est en France que depuis peu de temps et sourit pendant de longues minutes.

- Bon. On verra après pour vous jauge la formatrice en s'essuyant le front rageant intérieurement sur la pertinence de ce logiciel qui lui a rassemblé tous ces cons.

- A votre tour, jeune homme ?

Le gros type à crane rasé qui griffe la table avec son pouce renifle un bon coup et se lance.

- Ah moi je suis un fou des flingues. Les armes ça je connais, je veux faire body guard parce que dès qu'on demande de savoir se servir d'une arme ça élimine tous les candidats et je peux me faire embaucher.

- Ah une formation d'agent de sécurité donc... trépigne la formatrice au gilet.

 - Ah non, je veux pas faire vigile, attention! Moi c'est bodyguard, avec les guns et tout. J'aime bien manipuler les armes. 

- Oui enfin vous savez, dans la sécurité je ne sais pas si le port d'armes est autorisé en France...

- Dans le privé si ! J'en connais qui font sniper dans le privé s’enthousiasme-t-il avec une œillade sa voisine exotique.

- Euh formation de sniper j'ai pas ça en stock, écoutez on va vous voir après okay ? 

- Ok, du moment qu'il y a des guns, moi je suis partant.

Il s'en retourne au grattage de table. Le film plastique est usé, il attaque le bois. 

La chenille redémarre jusqu'à Maurice qui commence à sérieusement s’alarmer. A ce rythme-là, demain soir on commencera tout juste à se frotter aux rudiments de l’alphabet.

- Et vous ? 

- Ben moi j'aimerais être formé sur le logiciel TrucSuperProductive 2.4 pour dessiner des maisons parce que je suis doué pour ça je le sais, et c'est que je veux faire. Mais je l'ai déjà demandé l'an passé, ça été refusé, trop cher... 

Maurice n’est pas tout à fait honnête. On lui a bien refusé sa formation trop coûteuse, mais on lui a proposé la même somme pour qu’il tente sa chance dans un autre département, histoire de faire baisser les statistiques locales du chômage.

- Ah, et oui vous savez les formations c'est un gros business, il y a 4 ou 5 types de financements, mais ça doit être cadré vous savez, donc si ça sort du cadre. 

- Et oui, pour un cadre, difficile de sortir du cadre...

- Hi hi, vous avez de l'humour. Ecoutez voilà un prospectus sur les prochaines formations qui pourraient vous convenir, rapport à votre profil, il y en a une qui peut vous intéresser et qui débute en 2014 et...

- 2014 ? Je suis en fin de droits dans un mois.

- Et oui je sais. Mais vous savez, on est débordé, les centres de formation tournent à plein régime, il y a la queue... 

- Ben au moins ça me laisse le temps de réfléchir.

- Bon ben on a fini, si vous avez des questions...

La puissance du colloque se suffit à elle-même. Et puis on a pris du retard. Les questions comme les entretiens particuliers sont facultatifs. Personne n'en a, tout le monde sort en saluant poliment, les deux conseillères soulagées. 

16h20. Maurice remonte dans son monospace, et en profite pour mieux scotcher l'affichette à vendre qui sous la chaleur s'était décollée.

Tournant la clef du contact, un bip alerte l'ex-cadre sur le très faible niveau d'essence. Heureusement que personne n'a encore répondu positivement à ses candidatures cette semaine: avec ce qu'il lui reste dans le réservoir et ses comptes à sec, Maurice n'aurait pas pu se rendre à un entretien de toute façon.

Tuesday, 11 June 2013

Les sentiers de la gloire


Il se mit à me raconter sa vie en plateau. Les postes de travail dépersonnalisés dans l’open-space où chacun se fliquait. Les reclassements inopinés au nom du time-to-move contribuant à la perte de sens de ce qu’il faisait alors même qu'on lui demandait de s'identifier à la marque. La justification autiste des aberrations managériales qu’il ne contestait pas puisqu'on fait comme ça ailleurs "puis c'est décidé au siège", que sinon c'est la porte et que c'est compliqué pour les mecs entre deux âges comme lui. Ses incessants "objectifs" qui étaient autant de collines à prendre à l'ennemi. Désormais "la faute à la crise" il les décrochait d'instinct sans prime à la clé, histoire de s'"auto évaluer" face à la concurrence de ceux qu'aux temps anciens on appelait les "collègues". 

Comme chaque dimanche après-midi, le petit salon était éclairé par l'écran géant. S'y mouvaient cette fois, glamours et en tenues d'apparat sur les marches rouge du palais des festivals, ceux dont les noms à eux seuls valaient des millions.

Lui, le teint terne, cramait clope sur clope, l'humeur encore enfouie dans le sable rhétorique d’une direction robotisée lui bombardant par courriel même la nuit les mots audace et initiative, tout en le cadrant jusque dans ses pauses pipi via quelque intermédiaire zélé l’humiliant pour l'exemple, et pour de vrai, au milieu du contingent des nouveaux arrivés. Les nouveaux, il fallait s'en méfier comme de la peste. Jeunes et guerriers, comme lui mais en plus optimisés, ils adoptaient sans ciller l’impératif de productivité pour des salaires à la baisse à chaque nouvelle fournée.

Je l’interrogeai, fasciné par son endurance. Comment pouvait-il encore accepter de travailler dans telles conditions ? Il reprit confiance, me rétorquant, fier d’y échapper et de n’avoir pas pris un jour de congés maladie cette année, que certains déprimaient sévères. A la télé, on voyait les plus faibles se suicider. On appelait ça les conséquences du burn-out.

N’était-ce pas le plus bel hommage au dieu marché, en même temps qu’une extension interne du principe de compétitivité: l’offrande sacrificielle de l'inadapté justifiant en retour tous les discours sur l'effort, le courage et une totale dévotion ?  Celui qui s'était vu offrir un travail, peu importe lequel, avait le devoir d’y exceller conquérir la dignité de l’homme épanoui, peu importe le prix, et sans compter le nombre des années.

Sentant la situation tendue, je n'en dis rien et me contentai de lui tendre une nouvelle clope puisqu'il avait liquidé son paquet.


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Sunday, 9 June 2013

Food in Yangon

In Yangon downtown, eateries can be found in almost every street, serving food prepared in Chinese style, Indian style, and others, which we categorize them as Myanmar style. Food stalls are widely available too, taking up parts of the walkway around the city. As there are a big number of Chinese and Indian citizens in Yangon, Chinese and Indian cuisine are considered as local food. Western cuisine can be found in major hotels only, perhaps it is due to the lack of Western tourists.

If basil leaf is for Siem Reap and Phnom Penh, beef is for Hanoi, spicy and sour is for Bangkok, and gudeg is for Yogya, then oily and spicy is for Yangon. Most of the food served are either oily, spicy, or both. We like Yangon's spices, but the oil is a bit too much. So, during our stay in Yangon, we tried our very best to avoid taking oil from the dishes.

Talking about food in Yangon, for us, the major challenge lies in the menu, which most of them are written only in Burmese language. English menu are rare, but still not impossible to be found.

The food in Yangon downtown is not expensive. During our trip, we could get a dish in air-conditioned restaurants with the price 1800 Kyat to 3000 Kyat (900 Kyat = USD1 = RM3). At the stalls beside the street, the price for a bowl of noodle can be as cheap as 600 Kyat.

The food on the top of our list- "wat thap dot thoe" in local, or pork on a stick. It is widely available at the stalls beside the road, which can be identified by a big steaming hot pot with cooked pork and other parts of the pig, such as the intestine, ear, and tongue lined beside the pot.

Wat thap dot thoe is always served at the stalls beside the street. Different parts of the pig are stuck on sticks and boil-cooked in special soup. Taste good with the price, 200 Kyat per stick. This photo was taken at Chinatown.

We found this stall at Merchant Street, about 50 meters from our hotel at 38th Street on our third day in Yangon. The price offered was 60 - 120 Kyat per stick, much cheaper than the stall at Chinatown.

Photos showed different parts of the pig. Fresh garlics and chilies are served to be taking together with the boiled food.

Next, the fruit and the fruit juice. We like the fruit juice at Bogyoke Aung San Market very much. Highly concentrated and fresh. It was prepared without using a blender. Mango and banana are our favourites. These fresh fruits can be bought at the fruit stalls at the roadside. By the way, banana is served in our hotel as breakfast every morning.

The stall serving fruit juice at Bogyoke Aung San Market. It was full with customers during our visit.

Fruit stalls like these are scattered around downtown area. We can ask for a try before we buy the fruit.

A local dish that has been highly recommended by a few of our Myanmar friends- mot hnin khar (pronounce as moat-him-car). It is a bit similar to laksa in our country, with additional spices and lack in sourness. For us, it is a must try local dish in Yangon. We found a stall serving nice mot hnin khar at Anawratha Street, near the junction to 39th Street. We tried another local dish, khout swal thot (pronounce as cow-dart-tough) or the stir noodle at the same stall. The taste, good.

We tried khout swal thot (upper left) and mot hnin khar (upper right)at the stall by Anawratha Street (lower left). Small tables and chairs are prepared for the customers. The tea is served free, but you need to share the cups with other customers.

We took Chinese and Indian food as well, mostly served by the restaurants. These are the restaurants with good Chinese and Indian food:

1. Food House at the junction between Maha Bandula Street and Seikkan Thar Street. It is about 100 meters from our hotel at 38th Street. The owner could speak in simple English and Mandarin. 

2. Sun Flower Food and Drink at Bagalay Zay Street (near to Tony Tun Tun Shopping Center). Although we found that the menu was in English, the staff there couldn't speak in English. We communicated through body language.

3.  Nwe Moe Saung Restaurant at MGW Center, Bo Aung Kyat Street (next to 40th Street). The staff could speak in English. The restaurant was very clean.

Food House was the restaurant where we took our first lunch in Yangon (upper row). Although the restaurant was air conditioned, a few customers were still smoking in the restaurant. Anyway, there was no rule saying people couldn't smoke in air conditioned room. The food served was good. We tried a few dishes, including the chicken with yellow rice (lower left) and the chicken with vegetable.

First lunch in Yangon.

The dishes we took at Nwe Moe Saung- curry fish, curry chicken, vegetables, and Myanmar salad (a mixture of raw and boiled vegetables and fruits).

Another type of Myanmar salad. The sauce is a bit too hot for us.

We tried several types of food sold at the street, including the fried sweet roll, sugar cane juice, and barbecue chicken and mutton. The sugar cane juice in Yangon is less sweet compared to what we have in Malaysia. It looks murkier as well. The juice was produced using hand-powered squeezing machine. We tried the barbecue food and sweet rolls at Chinatown night market. The taste, not very good.

We saw this hand-powered sugar cane squeezing machine in front of Central Fire Station nearby Sule Pagoda (upper left). Different types of noodles are available (upper right). The barbecue food (lower left) and fried delicacies are available too.

We have stayed in Yangon for three days only, and of course have much yet to try. We welcome recommendation from our friends and readers. Perhaps, we can put them in our next trip.

We would like to share a good video on Youtube regarding the food in Yangon here. We will share our experience about the people, accommodation, transportation, and more in our next post- getting around Yangon.




Friday, 7 June 2013

Pierre Mauroy et la retraite à 60 ans

Pierre Mauroy, premier ministre socialiste de 1981 à 1984, vient de décéder. Sous son mandat : la fin de la peine de mort, la cinquième semaine de congés payés et...la retraite à 60 ans .

A l'heure où l'on nous prépare gentiment à une nouvelle régression dans le domaine, (ré)écoutez une de ces dernières interventions au Sénat face à Eric Woerth lors de la bataille perdue d'octobre 2010. 

Espérons que ceux lui rendant hommage ce jour sauront s'en souvenir dans les semaines et mois à venir. (durée 7 mns)


Merci au blog de Claudine Lepage (j'ai eu du mal à retrouver ce discours)

Tuesday, 4 June 2013

Les classes moyennes n'existent pas

"- On gagne toujours à partager"
Albert Jacquard en introduction d'Ainsi squattent-ils (demain en salles)

Cette histoire de baisse de plafond de quotient familial permet de ressortir l’argument de la classe moyenne "fiscalement matraquée" à grosses goulées radiophoniques de "c’est toujours les mêmes qui trinquent". La télévision n'est pas en reste, offrant des tribunes à des salariés à 8000 euros /mensuel censés représenter les "Français moyens" quant bien même ils font parti 1% des revenus les plus élevés du pays.

Bref, chacun est plus dans la classe moyenne que l'autre, avec son cortège de supplices supposés. Reprenons les chiffres de l'INSEE en 2008 (un graphique odieusement piqué à Jegoun) 


Certes, on pourrait rajouter à ce graphique, le "hors revenu", les soutiens familiaux ou institutionnels qui comptent dans la qualité de vie, mais ça donne une bonne base permettant, on l'espère sans y croire, que certains aient la décence de la mettre en veilleuse sur leur "torture" fiscale.

Selon le Credoc, deux personnes sur trois estiment appartenir aux classes moyennes, et seulement 5% faire partie des gens "aisés", le seuil subjectif de richesse étant placé à 4660 euros (seuls 3% d'entre eux atteignent cette somme).

Au-delà des chiffres, les quelques gueulantes entendues ici ou là (sous l'axe du pouvoir d'achat en moins et généralement de la part de ceux au-dessus de la fourchette indiquée) confirment à nouveau que le sentiment d'appartenance aux "classes moyennes" dépasse les seuls revenus, et qu'il est souvent plus ou moins consciemment employé comme la définition d'un mode de vie, culturel, une "identité sociale" sous-entendant la propriété, l'accès évident au grand buffet des choses, à la gamme des produits hi tech ou loisirs, "indispensables" et "vus à la télé", à forte valeur symbolique bourgeoise ajoutée. Se lover dans "la classe moyenne" c'est souvent se sécuriser à bon compte, se certifier d’être moins riche que le très riche et donc pouvoir prétendre à s’exonérer de ses obligations tout en étant suffisamment riche pour partager une partie de ses codes (et donc s'indigner face à toute baisse de standing, même à 64 euros par mois).

Quand un politique parle des "classes moyennes", il surfe sur un flou très pratique, et pour le coup "populiste", amalgamant des strates sociales dont les niveaux de vie vont du simple au quadruple. C’est presque exclusivement par cette défense générique, quasi culturelle, des "classes moyennes" que l’on arrive à faire adopter à des masses de pauvres la défense des intérêts fiscaux d'une poignée de très riches. 

Cela permet même, en cas de chahut dans les sondages, d'unifier tout le monde autour de la désignation d'un bouc-émissaire. C'est ainsi que le quidam, confortablement calé dans la certitude d'être de la "classe moyenne" (sous-entendu pile au milieu de celle-ci) exigera que les choses changent à commencer par les autres. Notons que les "autres" c'est large: cela va du train de vie du Rrom à celui du ministre en passant par celui de son voisin qui a un plus grand jardin alors qu'il est juste instituteur. 

Se définir "de la classe moyenne", c’est souvent excessif ou réducteur. Perso, j'ai une grille plus simple : on est riche ou pauvre. A ces deux catégories s'ajoutent les très riches et les très pauvres.

Ayant vu de certaines réactions à droite, comme à gauche, au sujet de cet aménagement du quotient familial (les nobles idées humanistes ne supportant parfois pour certains leur application concrète au quotidien), j'en conclus que le clivage sur ce sujet se loge dans le rapport intime de chacun face à la collectivité et à son degré d'addiction à la consommation superflue, et de quel côté balancent ses priorités. 


Articles connexes 

Monday, 3 June 2013

La politique familiale de justesse


Le gouvernement vient d'annoncer la baisse du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 euros dans un cadre de mesures visant à "rétablir l'équilibre de la branche famille de la sécurité sociale". 

C'était pas gagné, mais nous échappons à la fin du principe d'universalité des allocations familiales. Un moment évoquée, elle aurait ouvert la boite de pandore des "paliers" négociables à l'envi et applicables à d'autres secteurs.

J'entends déjà gronder la colère de ceux s'insurgeant d'ordinaire que l’Etat se mêle de mariage et d'enfants, traditionnellement enclins à gueuler sur les "assistés". Ils s'épancheront surement dans de longues tribunes télévisées qu'on leur subventionne un chouilla moins leurs mioches et qu'on leur "augmente les impôts", à eux, toujours à eux, eux les damnés de la femme de ménage qui arrive toujours avec dix minutes de retard.

Tu noteras que le travailleur est constamment sommé de faire des efforts, de bosser plus, ou pour moins cher, ou les deux, qu'il doit cotiser plus longtemps pour sa retraite et que surtout, NOUS devons faire des économies. Le NOUS n'incluant pas la partie supérieure des revenus, prenant pour sa part généralement très mal que l'on touche à ses remises fiscales personnalisées.

Car, non, il ne s'agit pas d'une hausse d’impôt, mais bien d'une baisse de niche fiscale. Et pour bénéficier une niche, il faut déjà avoir assez de revenus pour payer un impôt dessus. Ce qui n'est pas le cas d'une bonne moitié des français.

La conséquence de la baisse du QF reste TRÈS modeste. Le supplément moyen pour les familles concernés est de 68 euros. Soit à peine le prix d'un billet TGV pour venir défiler à la Manif pour tous. Il y en a eu 3 rien qu'en un semestre. A multiplier par 7, pour Marie-Eugénie et les six merveilles. 

Elle ne concerne que 15% des familles aux plus hauts revenus. Ex: pour 2 enfants, seules les familles au dessus de 5800 euros de revenus sont concernées. Si elle vous affecte, je sais ça fait du mal à entendre, c'est douloureux, à défaut du salaire je partage votre peine, mais vous faites partie des privilégiés. DEAL WITH IT.

Elle va essentiellement affecter les familles très nombreuses. C'est expliqué ici.

 Elle est aussi assortie de la création de 100.000 places en crèche, 75.000 en maternelle et de 275.000 solutions d'accueil. Même si ce n'est pas assez (et que cela reste à être vérifié sur le terrain), ça va dans le bon sens, enfin je veux dire pour ceux qui n'ont pas spécialement de thunes.

La famille française n'est absolument pas "en danger".  Ça ne change rien pour les plus modestes (au contraire, voir plus haut), et pas grand-chose pour les hauts revenus. 

Quant à ceux qui s'estiment "moyens" (mais qui ne le sont pas) et qui gueuleront encore sur l'Etat "étranglés" qu'ils sont par  cette nouvelle et intolérable atteinte à leur "pouvoir d'achat", nous leur rappelons d'avance qu'il n'était moralement et financièrement pas très sain de tabler sur la part déductible des enfants dans le plan de remboursement du pavillon.

Illus : Bugsy Malone, A.Parker (1980)

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Sunday, 2 June 2013

Hollande et l'équation impossible

Quelques jours après l'hommage d'Hollande à Schroeder et ses réformes "courageuses", l’émission CQFD sur Itele publie un sondage BVA sur les français et le merveilleux "modèle allemand"[1] dont nous devrions parait-il nous inspirer.

On y apprend que 74.% des sympathisants de gauche en ont une mauvaise opinion.

(cliquez pour agrandir)

Le score global des sceptiques remonte à 53% grâce... aux sympathisants de droite qui en ont TRES majoritairement une bonne opinion. Oui, oui, les mêmes gens qui réclament la tête de Hollande depuis six mois dans la rue, le carré Hermés dans une main le pavé dans l'autre, en hurlant "Dictaturesocialissaaaan !". 

Seulement, les sympathisants de droite ne sont plus que 16% à penser que le président appliquera par chez nous le fameux "modèle allemand". (contre 37% à gauche) Et ce même si nous sommes déjà en chemin.

(cliquez pour agrandir)

Au-delà de l’impossibilité à satisfaire ceux qui ont voté pour la gauche en 2012 en appliquant une politique sociale-libérale, on capte avec ces chiffres que, même s'il continue sur cette ligne, François Hollande ne contentera jamais les sympathisants de droite.

Pourquoi donc poursuivre une politique à destination de ceux qui n’ont pas voté et ne voteront pas à gauche ?

[1] Sans salaire minimum, composé d'esclaves à 1 euro de l'heure et / ou à flexibilité totale, ou le précaire est culpabilisé alors que paradoxalement c'est le pays de l'union où le taux de travailleur pauvres a le plus augmenté : 15% et leur espérance de vie a reculé de 2 ans en 10 ans. Modèle par ailleurs inapplicable, nos démographies et l'historique économique étant radicalement différents.

Illustrations : Itele.

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