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Thursday, 13 March 2014

La tragédie d'un homme ridicule


Me faire ça ! A moi !

Moi, ex-président corrupteur, financé par un dictateur terroriste et une milliardaire aux fraises,
moi qui ai fidèlement arrosé d'argent public tous mes amis,
moi qui ai généreusement défiscalisé pour les nantis,
moi, pataquesseur né, me débrouillant pour être mêlé à une affaire louche par jour tout en l'étouffant (suffit de placer les bonnes personnes aux bons endroits, youpla !),
moi trompé par un abruti (Jean-François : se faire gauler pour 8 millions, c'est petit),
moi trahi par mon gourou depuis dix ans (Oui euh, ma campagne La France aux Français, c'est pas moi c'est lui),
moi qui voulais ficher les Français potentiellement déviants (tous quoi), appliquer la tolérance zéro pour les délinquants et vidéo-espionner toutes les rues du pays,
moi qui faisais espionner les journalistes ne me cirant pas les talonnettes,
moi qui voulais être Bobby De Niro chez Scorcese et ne serais jamais qu'un copycat de Joe Pesci chez Pécas,
moi qui ne suis qu'une victime du complot socialo-trostko-mediatico-reptilo-gay des bobos de St Germain contrariant, si peu, mon comeback triomphal (j'y pense en me rasant, j'essaye mes costumes et rode mon stand-up dans les salles paroissiales des stations balnéaires de droite où le récital de Carla cartonne chez les grabataires équipés d'Audika).

Moi, Nic... euh... Paul Bismuth, qui n'ai pourtant rien à me reprocher, me voilà traité comme un pauvre con de Français, malmené par la justice en sus. C'est ce félon de Buisson qui avait raison : actuellement les valeurs se perdent. Il est loin le temps où l'on respectait les délinquants nuisibles et incompétents pourvu qu'ils soient riches et élus.

Ça m'apprendra à vouloir mon bien autour de moi.

Parfois je me dis que c'est mon cruchon d'épouse qui a raison : trop bon trop con.

Paul B., sauveur éternel, crucifié en place de 'com.

C'est pas tout ça, je dois vous laisser bande de smicards : je vais rater ma séance de dédicaces. 


Illustration : Last temtptation of Christ, M.Scorcese (1988) + M.Monpontet, Twitter.

Wednesday, 5 March 2014

#Sarkoleaks : qui brouille l'écoute à droite ?


A chaque jour son dégueuli d'affaires à droite. 

Jean-François Copé (de droite) se fait balancer la semaine dernière par Le Point (de droite) au sujet d'une facturation très généreuse bénéficiant à ses amis de la 'com (de droite). Comme tout le monde nous exécrons Copé, mais nous ne pouvons nous empêcher d'être circonspect devant cette offensive, d'autant qu'en sous-titre, Le Point demande si Sarkozy n'a pas été "volé". Si spoliés il y a dans cette histoire, ce sont d'abord les donateurs du Sarkothon. Et encore : que représentent 8 millions face aux 50 milliards de cadeaux fiscaux concédés par leur poulain à son arrivée à L'Elysée ? Une bien minable rétrocommission. Heureusement, nous pouvions compter sur Copé, aveuglé par son ego, pour rater sa gestion de crise dont l'essentiel consiste à accuser tout le monde sauf lui (et par conséquent s'enfoncer encore plus, tout en concentrant l'attention sur sa seule personne alors que, s'il y a embrouille, il n'est clairement pas le seul à être impliqué). 

(Valeurs Actuelles partageant son fichier abonnés, je reçois cette demande de pognon de l'Association du Financement de l'UMP, le jour des révélations du Point. Ce qu'on appelle le sens du timing.)

Surgissent ce matin les "enregistrements Buisson", le Sarkoleaks. Les extraits des enregistrements du conseiller spécial (tendance Abrutea Party) de l'ancien président diffusés sur Atlantico et dans Le Canard enchaîné sont, pour le moment, anodins (on y parle de Bachelot et Morano, et pas de Karachi ou de Kadhafi). Là aussi, il sera intéressant de suivre la médiatisation de ce qui s'appelle déjà "l'incroyable feuilleton de la trahison" (entendu ce matin sur la très droitière France Inter, je n'ose imaginer le traitement sur BFM). 

Le plus beau dans ces deux affaires : Sarkozy n'a même plus besoin d’apparaître dans l'actualité pour la faire, et en sort presque victimisé (le terme "viol" ne devrait pas tarder à être utilisé à son endroit dans les deux cas). La propulsion médiatique de Patrick Buisson au rang de "félon au dictaphone" offre à Sarkozy une opportunité de se dédouaner de sa politique et d'une campagne très FNlike en 2012 (largement inspirée par Buisson, gourou intouchable et vénéré à l'époque, et les trigolos de la droite forte). S'il voulait revenir blanchi, sur une ligne plus au centre, avec un nouveau parti, on ne peut rêver meilleure préparation du terrain. A moins que... à la fois dans les comptes à Copé et dans les sons du Buisson, il y ait du très très compromettant à venir. 


Articles connexes : 

Thursday, 29 August 2013

Pourquoi c'est Fillon qu'il nous faut !


Il nous faut retourner aux valeurs simples et actuelles,
Il nous faut de la proximité,
Mais il faut en finir avec la promiscuité,
Il nous faut de la ruralité,
Il nous faut en finir avec la lutte des classes,
Il nous faut des polos Lacoste pour tous,
Il nous faut des tables à brunchs dominicaux en osier et le charme discret d'un château sarthois pour nos congés de fin de semaine,
Il nous faut ordonner au jardinier de tondre les cinq hectares de pelouse,
Il nous faut des adolescents habillés comme dans les années 80,
Il nous faut des espadrilles mauves et un homme vierge de tout pouvoir,
Il nous faut un souverain proche du peuple, sage et responsable, qui saura faire face à un état en faillite et ne causera pas 600 milliards de dette supplémentaire en un quinquennat.
Il nous faut l’équilibre,
Il nous faut Fillon.


Illustration : Paris Match de cette semaine

Friday, 19 April 2013

Ces crétins que l'on ne bâillonne pas assez

Théorie du pire, rappel.


Un homme (nous l’appellerons Joe La louze) hystérise le pays pendant 5 ans. Après avoir fait des papouilles idéologiques à l'extrême droite, en plus d'un pays méchamment endetté, il laisse son parti dans un état de décomposition mentale avancée.


Au détour de la loi pour le mariage pour tous (qui passe comme une lettre à la poste dans tous les pays développés), une never-been hystéro, trop déglinguée pour la télé-réalité, se lance dans l'activisme contestataire avec la bénédiction de l'UMP.

 
(Après tout, quand on a eu Enrico Macias, Steevy ou Patrick Buisson comme idéologues, plus aucun  think-tank ne surprend à droite.)

Des chaines d'information couvrent intensivement les manifestations de la never-been hystéro en tablant sur le fait que leur côté anti gouvernement couvrirait ses slogans de plus en plus ouvertement anti homos.


Ce bazar obscurantiste réunit la diversité la plus putride des droites éparpillées:
- les cathos tradis dont les réseaux financent la mise en branle, 
- la droite à la droite du FN, 
- les réacs de 642 ap.JC, 
- des Marie-Chantal en Carré Hermés,
- Du Gudard
- les anti-Hollande chauffés à blanc par la presse depuis 8 mois 
- des députés UMP en roue libre qui n'ont pas plus fait le bilan de leurs échecs électoraux répétés qu'ils n'ont de vision pour la France (enfin autre que le comeback de Joe La louze)
- et beaucoup de frustration sexuelle (si si les images parlent).

Bref, l'abrutea-party est en marche. Il se voit déjà majoritaire et anti élites. Mais ce qui marque surtout c'est sa capacité à défoncer quotidiennement les portes de la connerie la plus grumeleuse. 
(attention ne pas se méprendre: dans notre environnement médiatique c'est un avantage).


Et dans leur marche contrariée vers l'Elysée, n'écoutant que leur courage, nos grands défenseurs de la famille mettent en avant... leurs enfants.


Au passage, après avoir craché dessus durant des décennies, découvrir sur le tard les joies lacrymales de la contestation sur pavé. 


Malgré les dérapages, les propos limites, les désirs de "sang", ouvrir grandes les ondes à ces irresponsables, mais ne pas s'offusquer que les abords du Sénat et de l'Assemblée nationale soient progressivement envahis par les prières de rue (catholiques, c'est pour ça). 


Laisser la droite accuser la gauche d'attiser la violence, alors que la droite ferme les yeux sur les débordements du mouvement et condamne mollement les (prévisibles) actes de violence qui en résultent. Et oui, car entre temps, grisés par l'agitation et l'open bar médiatique offert à leur haine décomplexée, des disciples des #ManifPourTous tabassent un couple homo en plein Paris et vandalisent un bar gay lillois (Une "initiative citoyenne" selon la porte-parole des #ManifPourTous). 


Commencer à tabasser les journalistes.
 

Et, enfin, à court d'arguments à droite (car en fait il y en a jamais vraiment eu de raisonnablement audible contre le mariage pour tous) en venir aux mains dans l'hémicycle.


A l'inverse de la Une du dernier Valeurs Actuelles, vu les tonneaux de vomi qu'elle déverse sur ce pays en un temps record, j'ai tendance à penser que l'on n'a pas assez bâillonné l'expression des valeurs moisies de cette France des siècles enfouis.

Wednesday, 30 January 2013

Des bienfaits de la diversion


Alors que l'assemblée commence enfin à débattre du mariage pour tous, Ayrault tease[1] déjà les médias sur l’éventualité du droit de vote des étrangers aux élections locales (« s’il y a la possibilité d’une majorité des 3/5e au parlement »), promesse de campagne que l’on pensait enterrée. 

OK. Sur la méthode, plus de doute possible: ce gouvernement n'a pas la diversion discrète. Reconnaissons que pour le mariage pour tous, la mécanique a été redoutable: 

1 / Ringardisation de la droite[1]. Elle a plongé la tête la première dans le ridicule[2], s’enferrant dans les retranchements poussiéreux de schémas patriarcaux d'un autre siècle, avant de sombrer dans l'effrayant avec ses accointances foireuses. 

2 / Unité de la gauche (ses composantes sont pourtant loin d'être aussi enthousiastes sur d'autres pans de l'action gouvernementale) et augmentation de ses soutiens suite à la mobilisation à droite. 

3 / OPA sur le temps d'information. On se souvient du souci sarkozyste de dicter l'agenda médiatique en début de quinquennat. Un sbire lançait une annonce le matin, elle était débattue toute la journée sur les ondes, puis close par le président lui-même le soir venu. Pendant ce temps là, on ne parlait pas des sujets qui fâchent. Le principe est le même ici, à la différence notable que la thématique est diluée sur des mois et que personne ne doute que la loi soit votée. 

Inconvénient. En faisant traîner, dans un tel environnement média raffolant du clash ou de la libre expression du fétide au nom du débat d’idées, on attise les haines dans une société déjà à cran. Mais il semble que la connerie ne paye plus: suite aux excès et aux démonstrations de force des anti mariage gay, allant jusqu'au revival de la prière de rue, l’adhésion au projet de loi grimpe dans l'opinion (63% pour, sondage Ifop/Atlantico). 

Ne boudons pas non plus notre plaisir, le magistral discours de Christine Taubira, servi avec  son hachis de députés UMP, restera un grand moment du quinquennat et de l'histoire de l'assemblée nationale. 


C'est le paradoxe de ce combat. D'un côté, le gouvernement fait profondément évoluer la société et on ne peut que l'encourager. De l'autre, il se sert de cet épisode pour masquer ses renoncements dans des domaines impactant pourtant bien plus de citoyens (réforme bancaire ou droit du travail pour n'en citer que deux).

Reste à savoir si, après un semestre sur le mariage des homos, les Français sont prêts à remettre le couvert sur le droit de vote des immigrés aux scrutins locaux et, surtout, s'ils tiendront longtemps avec de belles tribunes pour de nobles combats sans amélioration de leur situation personnelle sur le front de l'emploi, du pouvoir d'achat ou du logement. 

Ils sont aujourd’hui 72% à estimer que le débat autour du mariage pour tous a trop duré.

[1] désolé.
[2] Cela ne se représentera pas souvent alors rendons hommage aux voix discordantes à droite:  Franck Riester, Benoist Apparu, Yves Jego et Rama Yade.
[3] Notons pêle-mêle: un Mariton en mode trolling, un Guaino nous rejouant la petite marchande d'allumettes (the Malraux mix) et une Barjot explosant d'un plateau à l'autre les records du pathétique établis de dure lutte par Nadine Morano

Illustration: la stratégie de la poussette, C.Michel  (2013)

Friday, 11 January 2013

L'abrutea-party

Carnet de bord du mariage pour tous. 8e mois.

S’en remettre au ciel et croiser les doigts pour que la météo soit immonde dimanche prochain sur Paris, histoire de pourrir la déferlante annoncée de cathos secs, fachos moites, foldingo abîmée de la jet-set, apprentis scouts manipulés, UMPs sur le retour, packs de rombières versaillaises à crucifix chromé et autres conservateurs faisandés. Voilà où en est.

Avoir appelé ça "mariage pour tous" et non pas "mariage civil gay" (confusion sémantique permettant aux religieux de s'infiltrer dans un projet de loi qui ne les concerne pas), puis avoir fait traîner le vote, laisser grandes ouvertes les portes d’un débat offrant une exposition médiatique à des illuminés: Chapeau, bien joué! Soit, il s'agit d'une stratégie délibérée pour détourner l’attention d'autres débats comme celui de la refonte du CDI ou la hausse du chômage. Soit, c'est la conséquence d'une mauvaise appréhension par le pouvoir de la défiance à son encontre sur le terrain. Soit, plus probablement, un peu des deux. Quelle que soit l'issue, l'épisode laissera des traces.

Dans la déconfiture idéologique de l'après Sarkozy, ce combat est, avec la fiscalité "confiscatoire", le tronc commun des droites hétéroclites sur lequel elles rebâtissent en un temps record, en usant intelligemment des médias et d'internet, un discours d'opposition, à chier certes, mais omniprésent sur les ondes. Avec tout notre anti-sarkozysme à gauche et les (bien plus) violentes mesures fiscales à droite au début du mandat précédent, nous n'avions pas atteint une telle masse critique aussi rapidement. Assistons-nous à la montée d'un tea-party à la française, sur un canevas proche de ce qui s'est passé dans la foulée de l’élection d'Obama ?

Telle la taxe à 75%, devenue l’emblème d'un "matraquage fiscal" alors qu’elle n’aurait concerné (elle n’existe déjà plus) que 1200 à 1500 personnes, le mariage pour tous devient, au pays du divorce et des familles recomposées ou monoparentales, le fantasme terrifiant d'une perte de l’identité familiale qui serait provoquée par la gauche du diable. Ce gouvernement ne fait pourtant que répondre (laborieusement) à une évolution de la société. La loi concernera au final bien moins de gens que la réforme des retraites[1] ou les négociations syndicales du moment, n’aura aucune incidence sur la vie quotidienne de la majorité de la population et renforce plutôt même le concept du mariage.

Ce qui aurait dû être une mesure emblématique, un symbole immédiat d'avancée de début de mandat et qui n'aurait excité qu'une poignée d'énervés, laissera les images d'un long flottement du pouvoir, propice à la mousse médiatique, au doute, puis aux démonstrations de force des opposants galvanisés par le boulevard qui leur est abandonné. Les anti mariage pour tous ont gagné la bataille de la com'. Ces droites n'ayant d'unité que la haine du socialisme ont même réussi à éclipser médiatiquement le pathétique rabibochage Fillon/Copé  après le fiasco de l'automne dernier. C'est dire si l'UMP devrait prendre en compte ligne et méthode Barjot dans sa stratégie de reconquête.

J'en ai d'avance mal à la tête.

Articles connexes :

[1] cette époque pas si lointaine où Jean-François Copé considérait que manifester était un truc du passé.